Les marques d'usage indiquant que l'emploi décrit est utilisé à des fins expressives particulières, ou qu'il véhicule un jugement de valeur particulier

De façon générale, c'est essentiellement en fonction de leur sens qu'un locuteur ou une locutrice choisissent certains mots plutôt que d'autres. Mais il arrive aussi qu'ils choisissent tel mot plutôt qu'un autre en fonction de l'effet qu'ils veulent produire. Certains mots du lexique français portent déjà en eux une charge expressive particulière ou un jugement de valeur particulier qui vient s'ajouter à leur sens de base. Ces emplois sont identifiés par une marque ou un autre indicateur qui en précise la valeur ajoutée.

— Les emplois associés au style littéraire (identifiés par l'abréviation littér.)

La marque littéraire (abrégée en littér.) est utilisée pour identifier les emplois, peu nombreux, qui, en plus d'être associés à un registre soutenu, véhiculent une forte connotation littéraire.

Exemples (extraits d'articles) :

astre
 littér. L'astre du jour : le Soleil. L'astre de la nuit : la Lune.
Voir l'article astre
automne
 fig. et littér. L'automne de la vie : le déclin de la maturité, la vieillesse.
Voir l'article automne

— Les emplois associés au discours enfantin

Les emplois associés au discours enfantin sont identifiés par une marque explicite.

Exemples (extraits d'articles) :

2. coco
1. (dans le langage enfantin) Œuf. Des cocos de Pâques.
Voir l'article 2. coco
mamie
(dans le langage enfantin) Grand-mère.
Voir l'article mamie
papi
(dans le langage enfantin) Grand-père.
Voir l'article papi

— Les emplois motivés par le désir d'amuser (identifiés par l'abréviation par plais.)

L'indicateur par plaisanterie (abrégé en par plais.) est utilisé pour identifier les emplois auxquels on a recours dans le but de faire sourire, d'amuser.

Exemple (extrait d'article) :

dulcinée
(parfois par plais.) Femme inspirant une passion vive et romanesque. (in TLF)  bien-aimée. Courtiser sa dulcinée.
Voir l'article dulcinée

— Les emplois ironiques (identifiés par l'abréviation iron.)

La marque ironique (abrégée en iron.) est utilisée pour identifier les emplois associés à un style moqueur, qui signifient souvent le contraire de ce qu'ils laissent entendre au premier degré.

Exemples (extraits d'articles) :

1. dodo [dɔdo]
(dans le langage enfantin) Sommeil. C'est l'heure du dodo. Faire dodo : dormir. Aller au dodo : aller au lit.  souvent iron. Métro*, boulot, dodo.
Voir l'article dodo
sacro-saint, sacro-sainte
iron. Qui fait l'objet d'un respect exagéré et auquel on ne peut s'attaquer. (in TLF)  intouchable. Une règle sacro-sainte.
Voir l'article sacro-saint

— Les emplois péjoratifs (identifiés par l'abréviation péj.)

La marque péjoratif (abrégée en péj.) est utilisée pour identifier les emplois qui véhiculent un jugement de valeur négatif, les mots qui sont utilisés pour déprécier les choses ou les personnes qu'ils désignent, pour marquer du mépris à leur endroit. Il s'agit souvent d'emplois de nature blessante.

Exemples (extraits d'articles) :

bas-bleu
péj. Femme lettrée et pédante.
Voir l'article bas-bleu
galoche
1. Chaussure grossière de cuir, à semelle de bois épaisse.  péj. Chaussure usée.  savate.
Voir l'article galoche

— Les emplois vulgaires (identifiés par l'abréviation vulg.)

La marque vulgaire (abrégée en vulg.) est utilisée à quelques reprises pour identifier des emplois qui sont de nature grossière, voire choquante. Il s'agit généralement d'emplois liés à la sexualité ou à la scatologie. Peu de mots de ce type ont été retenus à la nomenclature.

Exemple :

chiasse
vulg. Diarrhée.  fig. Avoir la chiasse : avoir peur.