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Les marques de répartition géographique

Comme toute langue vivante qui a connu une large diffusion dans le monde, le français est soumis à la variation géographique. Il est normal que le français porte dans son lexique la trace de sa transplantation en Amérique du Nord, au 17e siècle, et de l'histoire de la communauté francophone nord-américaine. Tout en permettant l'élargissement de ses ressources lexicales, cette diffusion géographique du français a favorisé le développement d'un bon nombre d'usages différents de part et d'autre de l'Atlantique, et donc de variantes géographiques.

— Les cas de variation (« opposition ») géolinguistique (identifiés par la marque   UQ   ou   UF )

Encore aujourd'hui, il est souvent possible, sur le plan géographique, d'« opposer » certains emplois caractéristiques de l'usage québécois du français à d'autres emplois caractéristiques de son usage en France. Ces cas d'« oppositions caractéristiques » sont identifiés par une marque géographique, soit UQ ou UF selon le cas.

Dire d'un emploi qu'il est caractéristique d'un usage n'implique pas nécessairement qu'il lui soit spécifique. Un mot peut continuer à être perçu comme caractéristique de l'usage français même si un certain nombre de Québécoises et Québécois commencent à l'utiliser; cette perception peut notamment s'expliquer par une différence importante dans la fréquence d'emploi de ce mot de part et d'autre de l'océan.

Exemples (extraits d'articles) :

1. beigne
 UQ  Pâtisserie ayant généralement la forme d'un anneau, traditionnellement faite de pâte frite; pâtisserie similaire, non trouée.  trou de beigne : pâtisserie frite en forme de boulette, que l'on faisait à l'origine avec la rondelle de pâte retirée du centre du beigne à frire.  fig. et fam. Effet trou de beigne : phénomène urbain créé par l'exode de la population du centre vers la banlieue.  étalement* urbain.
Voir l'article 1. beigne
2. beigne
 UF  fam. Gifle. Donner, recevoir une beigne.
Voir l'article 2. beigne
brunante
 UQ  Tombée de la nuit.  brune, crépuscule.  Loc. adv. à la brunante. À la tombée de la nuit.  entre chien* et loup.
Voir l'article brunante
moka
1. Variété de café arabica; infusion de ce café.   UQ  (Café) moka : café additionné de chocolat et de lait chaud mousseux.
Voir l'article moka

— Les cas liés à une différence de contextes référentiels (précisés par un élément de contextualisation)

Un mot peut souvent être perçu comme caractéristique de l'usage québécois ou français sans pour autant s'inscrire dans une situation de variation ou d'opposition géolinguistique. C'est le cas de toute une série de mots, comme acériculture, cégep, etc., qui sont étroitement associés à des éléments caractéristiques du contexte référentiel québécois ou nord-américain, pour lesquels le français ne possède pas d'autres dénominations équivalentes.

Comme il ne s'agit pas, à proprement parler, de variantes géolinguistiques, ces emplois ne portent pas de marques géographiques. En revanche, leur définition est enrichie des éléments de contextualisation pertinents.

Exemple (extrait d'article) :

acériculture
En Amérique du Nord, exploitation d'une érablière à sucre pour la récolte de la sève en vue de sa transformation en sirop et en produits dérivés (beurre, tire, sucre d'érable).
Voir l'article acériculture
truite
1. Poisson des eaux froides de l'hémisphère Nord, étroitement apparenté au saumon mais de plus petite taille, à corps élancé marqué de taches sombres et à chair estimée.  truite arc-en-ciel [O. mykiss]  : espèce d'origine nord-américaine, marquée d'une large bande rougeâtre sur les flancs et de taches noires sur la queue, souvent élevée à des fins commerciales.
Voir l'article truite