Les marques de registres ou de niveaux de langue
Certaines variantes correspondent à des registres ou niveaux de langue différents. Celles qui correspondent aux registres neutre et soutenu sont socialement bien reçues et relèvent de l'usage valorisé du français. Celles qui sont associées aux registres familier et très familier sont moins valorisées socialement; elles relèvent d'un usage non standard du français.
— Les emplois associés au registre neutre (sans marque de registre)
On associe au registre neutre toutes les formes d'expression qui sont généralement perçues comme correctes, indépendamment de la situation de communication (orale ou écrite). Dans un dictionnaire de langue générale, et qui plus est dans un dictionnaire axé sur la description de l'usage standard, la majorité des mots et des sens décrits relèvent du registre neutre. Et, en raison de leur neutralité, ils n'ont donc pas besoin d'être identifiés par une marque de registre.
Exemples (extraits d'articles) :
— Les emplois associés au registre soigné ou soutenu (introduits par la marque soutenu)
Le lexique français dispose d'un certain nombre de mots, relativement peu courants, dont l'emploi est valorisé parce qu'il témoigne d'une grande culture linguistique. Ces mots sont précédés de la marque soutenu. Le registre soigné [ou soutenu], qui s'alimente aux ressources les plus valorisées, va de pair avec les situations les plus exigeantes, où il convient de faire montre d'une grande maîtrise de la langue.
Exemples (extraits d'articles) :
— Les emplois associés au registre familier (introduits par la marque fam.)
À l'oral, dans une situation qui favorise les échanges spontanés, notamment dans les relations amicales ou familiales, il est naturel d'adopter un registre moins neutre, davantage marqué par l'intimité et l'expressivité. Les mots qui sont associés à ce registre sont moins valorisés socialement; le fait d'y avoir recours dans une autre situation, qui n'est pas familière, risque d'être perçu comme le signe d'une maîtrise insuffisante de la langue.
La priorité étant donnée à l'usage standard québécois, les emplois du registre familier ne sont pas tous décrits; la nomenclature n'en retient qu'un certain nombre, parmi ceux qui sont le plus largement banalisés. Certains développements encyclopédiques, comme celui consacré aux connecteurs spontanés qui ne figurent pas à la nomenclature (pis, ben, faque, etc.), viendront apporter un complément d'information sur les caractéristiques de l'oral québécois.
Exemples (extraits d'articles) :
2. Interj. Cri d'un joueur annonçant qu'il a complété un jeu. Bingo! j'ai gagné! ◈ par ext., fam. Exclamation qui signale la réalisation plus ou moins surprenante d'une action ou la conclusion favorable d'une affaire. Bingo! En moins de deux on y était.
— Les emplois associés au registre très familier (introduits par la marque très fam.)
Les emplois du registre très familier, qui sont associés à une langue orale très négligée, sont encore plus fortement stigmatisés : le fait d'y avoir recours risque d'être perçu comme le signe d'un manque d'éducation. Au Québec, c'est notamment le cas des sacres.
La nomenclature ne donne que quelques exemples de ce type d'emploi. Les sacres québécois n'ont pas été retenus, mais un article thématique sera consacré au phénomène sociolinguistique du sacre.
Exemple :
