Les travaux
Le calendrier des activités prévoyait, au cours des trois premières années, la constitution de tous les outils linguistiques (bases de données documentaires), le développement de la méthodologie, l'élaboration de la politique éditoriale ainsi que la conception, la construction, la mise en service et le rodage des outils informatiques (plateforme informatique intégrée).
La banque de données textuelles de Sherbrooke (BDTS)
L'élaboration de la Banque de données textuelles de Sherbrooke
De manière à cerner les mots, sens et expressions faisant partie du français standard en usage au Québec, nous avons élaboré une vaste banque de données textuelles représentatives du français en usage au Québec (plus de 52 millions de mots). Elle comprend une sélection de textes littéraires, journalistiques, didactiques, spécialisés, notamment des textes techniques, scientifiques, sociopolitiques, administratifs, juridiques et culturels (quelque 15 000 textes). Cette banque sert de base à l'élaboration de la nomenclature du dictionnaire, à la description des mots, au choix des exemples et des citations, à la rédaction des notes encyclopédiques, etc. Mentionnons également certains corpus en périphérie : Biblio Branchée Québec et Europe; le Réseau des corpus lexicaux québécois; Frantext, Le grand dictionnaire terminologique de l'OQLF et autres banques de données linguistiques et textuelles.
La base de données intégrées (BDI)
La conception de la plateforme informatique intégrée de traitement de données lexicographiques
Complétée et parfaitement fonctionnelle, cette plateforme donne accès à toutes les bases documentaires propriétaires et en permet l'interrogation dans une unique interface. Elle gère de plus la fiche de saisie informatique semi-automatisée et régit la circulation des documents, le versement des articles et les différents stades (et statuts associés), de la création des fiches de rédaction jusqu'à leur révision finale. Nos professionnels et professionnelles de recherche peuvent travailler localement ou à distance par Internet. Le tout fonctionne sur nos propres serveurs de manière à assurer l'intégrité et la sécurité des données.
Le système de marques
Le système de marquage d'un dictionnaire est fort délicat et complexe. Nous l'avons adapté à notre description. En principe, le niveau standard n'est pas indiqué explicitement (absence de marque); l'absence d'étiquette est le signe de la conformité et de la recevabilité normatives. Au-dessus de cet usage standard se trouvent les registres soutenu et littéraire, et en dessous, les registres familier et très familier. S'ajoutent les emplois critiqués et les recommandations d'organismes officiels. Notons aussi les marques temporelles, technolectales et connotatives ainsi que diverses précisions rhétoriques, sémantiques, syntaxiques, grammaticales et autres.
Les marques topolectales ont fait l'objet d'une attention particulière. Celles-ci servent à renseigner le lecteur et la lectrice quant à l'aire géographique que recouvrent certains mots (formes et sens). Il est un fait que la variation lexicale existe et que cette variation est fonction aussi du lieu où l'on se trouve. Il s'agit d'indiquer au lecteur et à la lectrice dans quel usage ils se situent sur le plan géographique. Il est certain que les Québécois et Québécoises cherchent à savoir si tel ou tel mot est caractéristique du français utilisé au Québec (UQ) ou, au contraire, est caractéristique du français utilisé en France (UF). Ces informations sont indiquées de diverses façons, notamment dans la définition, dans une remarque ou à l'aide d'un signe graphique.
Les marques normatives ont de même fait l'objet d'une recherche particulière. La marque « critiqué » a été retenue. Cette marque est nuancée à l'aide de différentes formules ou précisions qui renvoient à un lieu (topolectal), à un niveau (fam.), etc.
Le système de renvois analogiques
Le système de renvois analogiques que nous avons développé aux fins de notre description lexicographique comporte des mots-renvois vers des synonymes, des hyperonymes (mots étroitement apparentés, mais de sens plus général), des hyponymes (mots étroitement apparentés, mais de sens plus précis), un mot ou un élément de formation qui relève de la même famille mais dont la forme est très différente. Ce système prend également en compte les mots qui s'opposent directement au mot défini. Certains mots-renvois, de nature plus encyclopédique ou terminologique, sont également présentés entre crochets.
Les exemples et citations
L'ouvrage comprendra un nombre important d'auteures et d'auteurs québécois extraits de la BDTS (un corpus littéraire a été conçu à cet effet (par décennie et par genre). Les citations sont en majorité littéraires, mais pas exclusivement. Les vocabulaires plus techniques ou spécialisés peuvent être illustrés par des citations tirées d'autres catégories de textes, dont les journaux et divers ouvrages spécialisés. Le dictionnaire contiendra également des citations littéraires d'auteures et d'auteurs français tirées de la base Frantext.
Les constructions, cooccurrents et phraséologismes
Les constructions, cooccurrents et phraséologismes ont également fait l'objet d'un soin particulier de manière à fournir aux lecteurs et lectrices les constructions et phraséologismes susceptibles de les aider à intégrer le mot dans le discours. Ils sont en général tirés de la BDTS et sont de registre standard.
La prononciation
Comme traits d'originalité, mentionnons enfin certains éléments de prononciation caractéristiques du standard oral québécois. L'entrée des articles contient la prononciation de tous les mots. Cette prononciation correspond à la prononciation standard du français au Québec. Il s'agit de la prononciation d'un niveau neutre que l'on entend, par exemple, au cours des émissions d'information ou autres de la radio ou de la télévision. C'est l'accent de nos meilleurs journalistes que reconnaissent tous les Québécois et Québécoises comme étant leur modèle.
L'étymologie
Les informations de nature étymologique sont essentielles pour connaître l'origine des mots; elles sont particulièrement intéressantes en ce qui concerne les particularités lexicales québécoises. S'il y a lieu, cette rubrique fournit systématiquement quatre éléments : l'étymon (mot duquel dérive le mot du français moderne), la langue de cet étymon, la date d'apparition du mot en français (y compris la source textuelle d'où est tirée l'information) et, s'il y a lieu, le sens de ce mot d'origine lorsqu'il diffère du sens actuel. En ce qui a trait aux mots essentiellement québécois présents dans le dictionnaire, nous apportons souvent de nouvelles informations, originales par rapport aux sources actuelles et souvent plus étoffées que dans les mots de la langue générale. Il arrive aussi que nous ajoutions des remarques de nature linguistique ou encyclopédique sur l'histoire du mot ou de la chose elle-même.
En marge de la description lexicographique
Notons certaines annexes (proverbes, gentilés, abréviations, sigles, acronymes, et autres), caractéristiques du Québec.
Les articles thématiques
Mentionnons enfin un certain nombre de courts articles thématiques (une page) sur des sujets caractéristiques du Québec : la politique linguistique, la lexicographie, les gentilés, la faune marine, la féminisation des titres et fonctions, l'acériculture, la prononciation, les langues amérindienne et inuktitut, le système d'éducation, le système politique, les partis politiques, les connecteurs de l'oral, etc.
